Je crois qu'il est temps que j'écrive quelques lignes sur mes débuts sur piste et mes débuts en moto tout court.

J'ai découvert la moto grâce à Nico(Deky), un barjot de bécane ce mec là, qui m'a fait partager sa passion pour ces twins aux sonorités envoûtantes.

A force de traîner autour des circuits à prendre des chronos, faire les ravitaillements je me suis dit « pourquoi pas moi ». Gilles étant dans le même état de frustration que moi, nous avons décidé de nous associer et de nous lancer dans l'aventure.

Comme je n'ai pas mon permis moto j'ai donc été passer mon CASM.

La dernière fois que j'avais fait du 2 roues c'était un 103SP il doit y avoir 10-12 ans alors quand Nico ma prêté son Mostro 900 pour me faire la main je me suis pas forcement trouvé très à l'aise.

Après 1h30 de pratique sur une route fermée et 2 blocages de roue avant à 30 à l'heure je commençais à saisir un peu le truc.

J'ai donc eut mon CASM en Juillet 2005 et n'était finalement pas si dur que ça, ce doit être une formalité pour quelqu'un qui à son permis.

Gilles et moi avons donc commencé à éplucher les annonces tout en sachant que c'était l'hiver que nous aurions le plus de chances.

Et voilà, le 29 Février 2006 nous sommes parti jusqu'à Dijon pour voir une 750 Super Sport de 1993, une moto déjà préparée piste et qui correspondait à notre budget.

Elle était là au fond du garage à nous faire les yeux doux qu'on n'a pas pu résister, on a signé les papiers d'adoption et on l'a ramenée à la maison. Je vous raconte pas dans quel état on était sur la route du retour, des gamins qui venaient d'ouvrir leur cadeau de noël !

Mon budget étant un peu serré j'ai mis quelques mois a m'acheter tout le matos, je ne l'ai toujours pas d'ailleurs, aujourd'hui je roule avec le casque de Nico et la dorsale de Guillaume mais bon.

Ma licence est arrivée mi juillet et là j'ai compris que je ne pouvait plus reculer, je n'avais plus d'excuses pour ne pas y aller...

 

Vous ne pouvez pas vous imaginer dans quel état j'était quand j'ai mis mes fesses sur la selle et que je me suis retrouver en pré grille au milieu des japonaises à plus de 100CV.

Surtout que ce jour là il pleuvait !

Le temps m'a toutefois été favorable, la plupart des pilotes ayant remballé le matériel pendant l'averse il ne restait plus beaucoup de motos quand la piste est redevenue praticable.

C'était parti ! Le pied pour les vitesses, je lève pour monter les rapports je baisse pour baisser, la main gauche l'embrayage, la main droite accélérateur frein, je me penche pour tourner …

Je suis en panique à tous les freinages, je loupe des rapports, je suis tellement excité que je fais gaffe à rien, ou plutôt y a trop de trucs à penser bordel !

Au bout de 2 ou 3 tours je sors, la pluie revient et je suis extenué, fébrile plutôt, je sens qu'il ne faut pas pousser, ça suffit pour un premier contact, je rentre aux stands …

C'était court mais bon sang quelle intensité !

 

Nous voila une semaine plus tard, Gilles est en vacances et je suis donc seul sur la 7 et demie, Nico et Guillaume sont là mais la 900 ne veux rien savoir, les carbus semble t il.

Ca va un peu mieux quand je m'installe sur la selle mais c'est pas encore ça.

J'ai bien réfléchi et l'objectif est que la conduite me devienne naturelle, je vais donc allez moins vite mais décomposer tous les mouvements pour que par la suite il deviennent des réflexes.

Il me sera plus facile d'accélérer des mouvements que je maîtrise que d'essayer d'entrée de maîtriser ces mêmes mouvements à allure soutenue.

Je crois que ça commence à venir, j'arrive moins vite et je freine plus tôt et je suis donc plus en panique à l'approche des virages, c'est lent mais au moins c'est propre.

1'31 pour mon premier vrai roulage, c'est pas terrible mais je suis content de moi et puis c'est que le début.

On remet ça la semaine suivante, il faut battre le fer …

Mon p'tit frère est venu passer la semaine à la maison alors je l'ai traîné avec Nico et moi sur le circuit, c'est bête mais ça me met la pression, et si il me trouvait ridicule …

Bref, la combine, les bottes … le casque et c'est parti !

Conditions idéales, une averse a dispersé tout le monde et maintenant que la piste est sèche on se retrouve à 10 sur la piste.

J'enchaîne les tours et je me sens de mieux en mieux, les réflexes commencent à venir et mes mouvements deviennent de plus en plus fluides.

Le circuit va bientôt fermer et nous ne sommes plus que 2 sur le circuit, je peux m'appliquer et me concentrer sur mon pilotage, l'autre mec est suffisamment fort pour anticiper mes trajectoires, je prends mon pied, je suis mieux de tours en tours.

Le verdict tombe, 1'30, 1'28, 1'27 pour finir à 1'26 et des poussières, je jubile.

 

Gilles est rentré de vacances et c'est donc la première fois qu'on se retrouve tous les 4 avec nos motos sur le circuit. C'est ridicule mais ça m'a fait un petit quelque chose …

Je fais la première cession avec Nico pendant que les 2 autres, arrivés en retard, sont entrain de s'habiller.

Je suis bien, je penche de plus en plus, les sensations sont là, je me fais même surprendre par le bruit du slider qui racle dans le Paf.

Non d'un chien, je viens de toucher le genou !

Je suis tout fou, je suis le roi du monde !

J'arrive au freinage de Golfe tel un champion du monde et ….

Mais bon sang, un type est entrain de me faire le freinage, une 900 noir. Pouwa ! Cest Nico !

Non mais ! Je remets tout ce qui y a, la tête dans la bulle, Hôtel, non d'un chien il freine tard le rascal, je suis derrière à la sortie, il accélère fort le gonze, Alpha, il rentre fort le type …

J'ai mis tout ce que j'avais pour le suivre, résultat, tout droit dans le Paf, rien de grave bien sur, mais l'ego en prend un coup.

Cette attaque m'a lessivé je rentre.

Au tour de Gilles qui reprend contact après 2 mois, les premiers tours de roues sont hésitants mais ça revient vite.

Petite pause histoire de se détendre les bras et les mains, je suis encore trop tendu et je me tétanise assez vite.

On règle le sélecteur de vitesse qui nous semblait un peu haut et c'est reparti.

 

 

 

 

C'est le tour de chauffe donc on y va tranquille, le sinueux sur un filet de gaz, la parabolique, j'attends d'être droit et j'ouvre en grand … fond de 3, fond de 4, c'est tout de même le tour de chauffe alors je coupe et laisse rouler jusqu'au freinage …

J'y ai longuement réfléchi et je sais toujours pas ce qui c'est passé, je me souviens d'avoir pris les freins, mais rien de méchant, d'un bruit de pneu qui dérape, du train avant qui se dérobe et de m'être dis « Et merde ! ».

La moto qui se couche sur le flan gauche, le choc avec la piste, direction les graviers, demi tour la moto à gauche moi à droite, retour sur la piste, le bruit du cuir qui glisse et des cailloux qui frappe le casque...

 

 

 

Quand tout s'arrête tu lèves la tête, « et la moto ?! » en 2 secondes tu es debout et tu cours déjà hors de la piste voir la machine, « ne pas laisser le moteur tourner ! ».

Elle est là sur le flan, un rapide coup d'œil pour voir l'étendu des dégâts, pas grand-chose semble-t-il et le moteur a calé pendant la chute, j'ai plus qu'à attendre que le camion arrive …

Dans mon dos j'entends le bruit familier d'un Twin qui arrive au ralenti, Nico, il manquait plus que ça, j'ai beau rentrer le casque dans les épaules je peux pas éviter son regard, un signe de la main pour lui dire que tout va bien et il continu son chemin.

 

 

 

 
Et puis c'est le retour en camion avec tous les autres pilotes sur le paddock et puis Nico et Guillaume qui attendent à la sortie de la piste, dur !
 

 
J'ai eu de la chance, la combarde a morflé et méritera une petite réparation mais moi je m'en suis tiré avec un gros bleu sur la hanche et quelques courbatures.
 

 

 

La moto n'a pas grand-chose, les carbu sont pleins de poussières et mis à part le sélecteur cassé il n'y a que quelques trucs à redresser.

Un petit week end et elle sera toute belle, et de toutes façons nous n'avons pas le choix puisque le 16 et 17 septembre nous sommes tous inscrit pour les Journées Ducati à Carole, il faudra qu'elle roule …