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Le Raid!

Voici le récit et quelques photos de notre première tentative de rallier Le Havre à Dunkerque par JCC !

mais tout d'abord, la bande annonce!

A tous ceux qui ont suivi de grés ou de force le Raid du Dart ta gueule ou le raid des tropiques, je vous dois un compte rendu.

Certes nous ne sommes pas arrivés au bout mais en naviguant dans des conditions pour le moins rudes, nous avons vérifié les bons et les mauvais points de l'organisation.

Nous nous sommes donc retrouvés le vendredi 28 avril en gare St Lazare le feu au ventre et avec une grosse envie de batailler avec les éléments.

 

Après un excellent dîner dans la famille D..... (souvenez vous de ce nom car il va revenir souvent dans l'histoire) nous sommes partis nous coucher finement éméchés, anxieux de la météo du lendemain mais parfaitement excités par le départ tout proche.

 

 

Le matin du 29, l'excitation de la veille ne fait qu'augmenter, malgré une température extérieure de 3 nanométriques degrés. Nous rejoignons le port et comme des fourmis nous gréons les bateaux, enfilons nos combinaisons et enfin refermons et amarrons les sacs étanches.

Cataplasme le zodiac est le premier à toucher l'eau, Restaké lui emboîte le pas, l'incoulable et Pré en bulle entrent à leur tour dans la danse.

Sortie du havre avec un énorme cargo porte containers en guise de haie d'honneur, et nos étraves prennent le cap ver Antifer : premier point chaud de notre navigation.

Le vent que nous redoutons tant fini par monter doucement et les trois voiliers prennent leur vitesse de croisière.

Pendus à mon câble de trapèze je scrute mon GPS qui ne descend quasiment pas en dessous des 11 nœuds et j'en profite pour filmer les trois esquifs qui, à une allure similaire, foncent vers Antifer et Etretat.

Le timing est parfait mais c'est sans compter les caprices du vent qui commence à faiblir. La température en l'absence du soleil reste faible et nous commençons donc sérieusement à geler.

Le cap d'Antifer passe comme si il n'existait pas .

 

Vers 13h30, la pétole s'est installée mais a invité le soleil qui avec un peu de retard sur son heure d'arrivée finit par nous réchauffer et nous donner des couleurs de vacanciers : rouge façon homards bouillis.

Le courant qui nous portait initialement dans le bon sens nous reprend tranquillement les milles qu'il nous avait offert et se n'est que remorqué par le fidèle Cataplasme que nous toucherons finalement Etretat.

Coincé au détour des célèbres falaises, cette ville mérite sa renommée : vieilles maisons à colombages, vertes prairies qui descendent des hauteurs vers le centre ville et sur la pointe de la roche le début d'un parcours de golf.

 

 

Une fois les trois bateaux sur la plage il faut les remonter, et si les environs sont superbes la pente l'est aussi.

Après quelques « paré à lever, lever », les visages rougis par le soleil et l'effort, nous réfléchissons déjà au programme du lendemain.

Pendant que certains continuent de ranger les dernières affaires des rotations sont organisées pour rejoindre le domicile des D...... qui s'appelle désormais la base arrière.

On se couche après une multitude de réflexions quant au programme du lendemain avec cette même incertitude sur le vent car aucun site de météo ne raconte la même chose.

 

 

Comment ca j'ai pas l'air frais?

 

6h30 pour un réveil prévue à 6h les forces vives de la nation ont la gueule boursouflée par le sommeil (ou le manque de sommeil) et par le soleil.

Un des membres nous quitte pour rejoindre Paris alors qu'un autre est arrivé la veille.

Un rapide coup d'œil à la température, puis un deuxième et enfin un troisième pour être sure que ce n'est pas un rêve. Non vraiment il fait nettement plus chaud que la veille car nous culminons à 4 macros degrés, l'herbe est toujours blanche comme les vitres de la voiture.

Parlez moi maintenant des verts paysages de Seine Maritimes !!! Ils sont blancs.

Comme un seul homme, nous rechargeons nos affaires dans la remorque et les rotations de véhicules reprennent vers Etretat. Le vent est faible mais semble prometteur au large. De crainte d'avoir le même scénario que la veille, pour nous retrouver au milieu de nulle part, nous décidons de faire demi tour vers le point de départ.

 

 

Le temps de descendre les bateaux et de commencer de les gréer la mer remonte et nous voilà régulièrement à hurler pour que l'équipe se rue sur une des embarcations et la remonte de quelques mètres. Alors que nous nous affairons au départ la mer en profite pour grossir et les vagues se mettent à déferler sur la plage de galets dans un vacarme assourdissant qui ne nous met pas vraiment en confiance.

Une fois prêt il faut mettre les bateaux à l'eau, chose devenue délicate. Nous commençons par le zodiac qui, après deux trois vagues, est rempli jusqu'à mi boudin. On pousse les deux équipiers qui à force de pagayer finissent par se trouver en zone moins agitée et après une petite hésitation démarre le moteur. Et de un !

 

 

L'incoulable part en deuxième position et manque, sur le dos d'une vague plus vicieuse que les autres, de retomber en arrière sur la plage et sur le mat. Encore une frayeur mais une bonne vieille poussée, avec nos bras décidés, le met lui aussi derrière la ligne de démarcation.

Vient ensuite le Restaké qui prend la mer un peu plus sereinement que les deux premiers mais avec une bonne dose d'adrénaline pour chacun.

Nous voici maintenant à 2 sur la plage, la mer n'a pas changé d'humeur mais des promeneurs (30 selon la police 50 selon moi) se sont regrouper pour voir cette tripoté de gaulois se mettre à (ou sous) l'eau et attendent secrètement une grosse gamelle pour nous prendre en photos.

On reprend notre souffle et comme un seul homme poussons Pré en Bulles sur une serie de vagues un peu endormies.

L'expérience des autres nous ayant profité tous se passe royalement et sur le : « bein alors » d'Alex, à destination des badeaux, nous nous faisons applaudir.

 

La première heure se fera contre vent et courant et après avoir déraper vers Fécamp nous venons à bout de cette union de l'air et de la mer.

Le vent souffle toujours mais à peine assez pour se mettre au trapèze. Nous filons dans la houle, vers Antifer croisé la veille, mais cette fois ci les conditions sont beaucoup moins molles.

Le courant a tourné et se trouve désormais contre le vent ce qui donne une zone où la mer se lève, déferle et se croise.

L'incoulable en vieux loup de mer passe au large, Restaké moins bien positionné rentre dans la « marmite » et nous le suivons à quelques encablures. Entre deux vagues le mât de restaké disparaît nous laissant imaginer un desallage. En nous rapprochant le spectacle est plus inquiétant Olivier et Colin sont debout sur bateau et tentent de ramasser le mat et les voiles : ils ont bel et bien démâté !

Je négocie les creux pour ne pas prendre les vagues de côté et nous passons à côté de Restaké dans son costume de raffiot. Pas de blessé, le bateau n'a rien et le zodiac Cataplasme assure son rôle sauveteur.

Nous allons nous abriter derrière la digue d'Antifer, à l'abri du vent et de la houle mais il ne nous ai pas possible de débarquer pour voir la fortune de mer depuis la terre.

Nous décidons donc de reprendre la route bord sur bord avec l'incoulable vers le Havre.

Une heure après un petit point kaki surmonté de deux gilets fluos, Cataplasme, fonce sur nous pour nous dire que Restaké est à quai et qu'il y a eu plus de peur que de mal.

Nous en profitons pour alléger le zodiac de quelques bières et barres céréales.

 

Le ciel s'ouvre peu à peu et le soleil fini par réchauffer nos carcasses, alors que nous rentrons dans la baie du Havre.

Le vent ramollie sérieusement, de quoi envoyer le spi pour une grande première. Je laisse Alex prendre possession du canot pour m'essayer au Wake board derrière Cataplasme devenu pour l'occasion bête de somme.

Nous rejoignons notre quai de départ pour retrouver l'équipage de Restaké avec la tête des enfants qui ont fait une bêtise, mais fières de s'en être sortie avec brio.

Après le démontage des bateaux nous rentrons à la base arrière un peu étourdis par la journée écoulée, déçus aussi d'être au Havre mais tous prêt à repartir pour la même opération avec une organisation optimisée.

 

JCC

 

Contact : deky@wanadoo.fr - Dernière modification :21 aout 2006